• DOSSIER " Prison d'IFS " : des terres condamnées à perpétuité

    Prison d'IFS : des terres condamnées à perpétuitéUn article du site de L'Agriculteur Normand du 28 novembre 2017 par T.Guillemot sur : http://www.agriculteur-normand.com/actualites/perpetuite-pour-18-hectares-de-tres-bonnes-terres:432LDG7O.html

     

    « Perpétuité pour 18 hectares de très bonnes terres

    Prison d'IFS : des terres condamnées à perpétuité      En projetant de ponctionner 18 hectares d'excellentes terres agricoles pour construire une maison d'arrêt à Ifs (14), c'est la population de Caen qu'on prive de pain pendant une semaine. Un symbole certes mais Caen la Mer ne dispose-t-elle de friches industrielles ou commerciales pour ce projet d'intérêt collectif ? La profession agricole, et la société civile, posent la question.

     Prison d'IFS : des terres condamnées à perpétuité

     Cette artificialisation de terrres à blé équivaut à une semaine de consommation de pain pour la population caennaise. - © TG/VA

     

    Prison d'IFS : des terres condamnées à perpétuitéJuillet 2010. Michèle Alliot-Marie annonce la fermeture de 23 prisons vétustes entre 2015 et 2017 dont la maison d'arrêt de Caen. Pour celle-ci, la ministre de la Justice évoque un déménagement dans la Manche, sans doute St-Lô, avec le projet d'un regroupement avec les maisons d'arrêt de Cherbourg et Coutances. «Inacceptable», dénonce le député maire de Caen de l'époque. «Après la dissolution du 18e RT et la fermeture du Quartier Koenig, c'est un nouveau mauvais coup qui est porté à Caen et à son agglomération. Il est temps de revenir à une gouvernance républicaine des affaires de l'Etat. Il est à souhaiter que l'alternance vienne en 2012 remettre en cause cette décision partisane et insensée», déclare Philippe Duron dans les colones de nos confrères de Liberté Normandie.
    «Il faut tous nous mobiliser et parler d'une seule et même voix : parlementaires, élus locaux et acteurs du monde pénitentiaire et de la justice en région. Nous devons demander audience auprès de madame la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, et lui présenter une proposition alternative et cohérente dans l'agglomération caennaise,» enchaine Rodolphe Thomas, maire MoDem d'Hérouville-Saint-Clair. Opération déminage réussie puisque la migration manchoise a vite été abandonnée. Caen la mer a donc sauvé sa maison d'arrêt mais le projet d'implantation à Ifs qui semble tenir la corde fait bondir la profession agricole dans toutes ses composantes, voire au-delà.

    Des friches industrielles en quantité

    Le principal point d'achoppement, et au-delà du manque de transparence que dénoncent certains, réside dans la consommation de terres pourtant classées «agricoles» dans le PLU (Plan Local d'Urbanisation).
    Le sauvetage de l'urbanisation par la Safer, avec le soutien des syndicats agricoles, de 84 ha enclavés entre le périphérique caennais et la RN13 grâce au portage financier de Caen la mer, avait nourri de grands espoirs (lire notre édition du 16 février dernier).  «Entre préservation et consommation des terres agricoles, l'équilibre est à trouver», avait alors estimé Jean-Pierre Fontaine, président à l'époque de la Safer Basse-Normandie.
    «Biéville-Beuville, Blainville, Courseulles, Douvres, Mathieu, Hermanville (...), autant de centaines d'hectares qui sont en train de disparaitre au profit de lotissements», alerte Henri Le Maitre, élu de la Chambre d'agriculture qui a saisi deux ministres sur la question du gaspillage foncier agricole (lire ci-dessous).
    Mais s'il faut bien lotir aux alentours des communes où la population souhaite résider, le choix de l'implantation  d'une maison d'arrêt répond à d'autres contraintes, l'une essentielle étant son accessibilité. Proche d'une gare, dotée d'une bonne desserte routière et pas trop loin du palais de justice... Ce ne sont sans doute pas les seuls mais pour la profession agricole, nul doute, Caen la mer dispose de friches industrielles en quantités suffisantes pour ne pas avoir à taper dans une terre nourricière.

    Ça se rapproche

    S'il n'est pas directement impacté par le projet, Julien Aubrée (céréalier et la tête d'une activité de pension équine à St-Martin-de-Fontenay) cultivera une parcelle au pied de l'enceinte de la maison d'arrêt si elle sort de terre. «En tant que riverains, nous n'avons jamais été consultés. J'ai découvert, un matin, des engins de travaux publics faire des fouilles sur la parcelle», dénonce-t-il. Membre du syndicat JA (Jeunes Agriculteurs), il dénonce «cette consommation de bonnes terres agricoles. Il y a ici 6 mètres de limons». Et Julien n'y cultive pas de la céréale «glyphosatée». «J'ai réimplanté des prairies pérennes pour augmenter ma surface en paddocks pour chevaux et répondre ainsi à la demande de mes clients qui habitent pour la plupart sur Caen la mer».
    Le siège d'exploitation de Julien se situe à 3 km à vol d'oiseau du projet et l'urbanisation galopante grignote un peu plus chaque jour son quotidien et son paysage. «Ça se rapproche de plus en plus», constate-t-il un brin fataliste. Et d'évoquer un autre projet controversé, celui de la plate-forme logistique Carrefour qui se balade de Soliers à Hubert-Folie pour peut-être finalement échoir du côté du haut de St Martin. 18 ha encore.
    Avec Ifs, cela représenterait 15 jours de pain en moins pour les Caennais. A défaut de rationner un jour la consommation de terres agricoles, il faudra rationner les produits finis. A moins que l'on fasse le choix de délocaliser l'agriculture de proximité pour produire on ne sait où ? On ne sait comment ?

     

    CREPAN
    Prison d'IFS : des terres condamnées à perpétuité«Nous prouver qu'il n'y avait pas d'autres solutions»
    Pour Claudine Joly et Arlette Savary, respectivement présidente et secrétaire du CREPAN, le doute du bien-fondé d'implanter la future maison d'arrêt à Ifs est permis. «Il y a un manque d'informations. Il va falloir nous prouver qu'il n'y avait pas d'autres solutions», insiste-t-on du côté du Comité Régional d'Étude pour la Protection et l'Aménagement de la Nature en Normandie. Loin de vouloir s'opposer à un projet d'intérêt général, Claudine Joly ne cautionne pas pour autant «ce changement d'affectation de terres agricoles qui vient s'ajouter au programme Object'Ifs Sud. Nous aurions préféré que ce soit sur une zone prévue à l'urbanisation. 18 ha de  terres agricoles à bon potentiel, ce n'est pas une surface négligeable. On a besoin de produire». Favorable aux ceintures vertes qui pourraient par exemple être consacrées au maraîchage, favorable à une croissance verticale des villes, défavorable aux super-périphériques, le CREPAN, en l'état du dossier, ne se prononcera pas «pour» mais il n'ira pas non plus sur le terrain juridique. «Nous nous battons pour le plus utile avec nos faibles moyens. On n'a pas attaqué sur d'autres projets privés alors que des centaines d'hectares étaient en jeu», plaide-t-elle en pensant sans doute à DECATHLON ou IKEA avant de poser une dernière question : «que va-t-on faire demain de la friche de l'actuelle maison d'arrêt ?»

    Propriété privée rurale
    «Une séquence ERC amputée des 2/3»
    ERC : «éviter, réduire et compenser». Une séquence voulue par le ministère de la Transition écologique et solidaire inscrite dans le marbre de la loi. «La prise en compte de l'environnement doit être intégrée le plus tôt possible dans la conception d'un plan, programme ou d'un projet (que ce soit dans le choix du projet, de sa localisation, voire dans la réflexion sur son opportunité), afin qu'il soit le moins impactant possible pour l'environnement. Cette intégration de l'environnement, dès l'amont est essentielle pour prioriser : les étapes d'évitement des impacts tout d'abord, de réduction ensuite, et en dernier lieu, la compensation des impacts résiduels du projet, du plan ou du programme si les deux étapes précédentes n'ont pas permis de les supprimer», peut-on lire sur le site du Ministère. Mais pour Antoine des Noës, il y a loin de l'esprit de la loi à sa mise en application. «On nous a demandé notre avis sur l'aspect compensation mais absolument rien sur les notions d'évitement et de réduction. Quant à l'étude d'impact, on n'a rien vu», regrette le vice-président du Syndicat départemental de la Propriété Privée Rurale du Calvados. «Notre syndicat alerte l'opinion sur l'extravagance de ce projet,» poursuit Antoine des Noës, par ailleurs expert immobilier et foncier et expert auprès de la Cour d'Appel de Caen. Et de conclure : «la maison d'arrêt à Ifs, pourquoi pas ? Mais qu'on nous démontre que cela ne pouvait pas se faire ailleurs  !»

     

    chambre d'agriculture
    «Stéphane Travert et Nicolas Hulot alertés»
    «La Chambre d'agriculture reste très préoccupée par la problématique de la disparition du foncier agricole à tel point que nous avons décidé d'alerter le ministre de l'Agriculture et celui de l'Ecologie sur ce dossier et d'autres. Les courriers sont partis, nous sommes en attente de leurs réponses». Henri Le Maitre, président délégué de la commission agricole et rurale en charge des relations avec les collectivités, ne conteste pas le projet «mais il est mal placé car il va consommer 18 ha de bonnes terres agricoles alors qu'il doit exister d'autres endroits sur Caen la mer pour implanter cette maison d'arrêt. Il aurait fallu associer dès le départ la profession». Et de dénoncer quelques anachronismes : «ce projet fait l'objet d'une procédure de Déclaration d'Utilité Publique (DUP) mais les dispositions de PLU (Plan Local d'Urbanisme) ne permettent pas en l'état actuel sa réalisation alors, on adapte les documents d'urbanisme». Parallèlement, on semble s'affranchir de la proximité immédiate d'une ligne THT (Très Haute Tension) et d'une conduite de gaz. «La terre ne nous appartient pas, nous l'empruntons à nos enfants, se plaît à rappeler l'élu de la Chambre d'agriculture qui fut également vice-président de Caen la mer. Avant tout projet d'urbanisation, on devrait regarder de près la qualité des sols en se référant par exemple à la cartographie établie par Vigisol avec le soutien de la SAFER. Ne peut-on pas construire cette maison d'arrêt sur l'ancien site de la SMN à Colombelles ou celui de caserne Koening (ex 18ème RT) à Bretteville-sur-Odon ?», propose publiquement Henri Le Maître.

    URDAC
    «Au final, c'est le préfet qui décide»
    «Je siège à la CDPENAF(1) où nous nous sommes exprimés sur le sujet mais j'ai l'impression que notre avis n'est absolument pas pris en compte. Les politiques se donnent bonne conscience en mettant en place des outils de protection du foncier agricole mais, à la fin, c'est le préfet qui décide». Jean-Jacques Pesquerel, président de l'URDAC (Union pour le Renouveau de l'Agriculture dans le Calvados), avoue son inquiétude. «Encore une fois, on va consommer de la très bonne terre agricole. On se dira peut-être un jour que c'était une erreur mais il sera trop tard. Quand la terre agricole est artificialisée, c'est fini. Il faudrait mieux, en premier lieu, se préoccuper de réhabiliter les friches industrielles ou commerciales. Il n'est pas question pour nous de nous opposer au développement économique mais on peut se demander où on va cultiver demain du côté de Caen». Et de s'interroger sur le rôle de la CDPENAF : «se donner bonne conscience!» propose-t-il.

    (1) : la Commission départementale de consommation  des espaces agricoles a  été mise  en place en 2012 pour lutter contre l'artificialisation des terres agricoles avec pour objectifs de maintenir une agriculture durable, préserver le foncier agricole, assurer le développement  équilibré du territoire et réduire de 50% le rythme de consommation des espaces agricoles

    FDSEA

    «Un crime contre les générations futures»
    Patrice Lepainteur, représentant de la FDSEA à la CDPENAF, a le dossier «gaspillage foncier» chevillé au corps depuis presque 30 ans, l'époque où Rémy Pautrat, grand serviteur de l'Etat et attaché à la terre au sens noble du terme, était préfet du Calvados. «Il y a plusieurs décennies, on consommait l'équivalent d'un département en terres agricoles tous les 10 ans. Puis, tous les 7 ans, tous les 5 ans... Depuis, et au travers de la loi de modernisation, le législateur a fixé pour objectif en 2020 une diminution de 50 % de ce gaspillage. On y arrivera sans doute pas mais c'est la preuve d'une prise de conscience des pouvoirs publics», reconnait-il. Mais une prise de conscience qui n'a pas encore conquis les décideurs locaux. «Selon les chiffres publiés par Agreste, le Calvados et plus particulièrement Caen et sa grande ceinture de moins en moins verte, fait figure de mauvais élève de la classe». Alors quand la CDPENAF émet un avis défavorable à l'implantation de la maison d'arrêt à Ifs alors qu'il semble parallèlement que la décision soit déjà prise, le représentant syndical sort de ses gonds. «Cette commission est représentative de la société civile et en constitue le porte-parole. Des agriculteurs y siègent à côté de représentants d'associations environnementales et nous ne sommes pas entendus. Ce n'est pas normal». Et d'enchainer : «ce projet et les autres, sur ce territoire de proximité et ses terres d'excellence, c'est un crime contre les générations à venir. L'arme alimentaire est une réalité.  On pourra toujours nous dire que si, demain nous ne sommes pas autosuffisants, on importera des produits agricoles de je ne sais où. Mais à quel prix ? Dans quelles conditions sanitaires ? Avec quels cahiers des charges environnemental et social ? Pour quel bilan carbone ?» Alors, du côté de la FDSEA, on se bat pour que les portes du pénitencier ne se referment pas sur la Ferme Calvados. »
    L'Agriculteur Normand du 28 novembre 2017 par T.Guillemot

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    Prison d'IFS : des terres condamnées à perpétuitéUn article extrait du site Ouest-France du 5 décembre 2017 sur https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/la-future-prison-de-caen-condamne-18-ha-de-terres-agricoles-5425297

    La future prison de Caen condamne 18 ha de terres agricoles

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    Les syndicats agricoles sont unanimes pour dénoncer le bétonnage des terres agricoles. | Guillaume Le Du

         « Les syndicats agricoles (FNSEA, Coordination rurale et Confédération paysanne), les associations environnementales (Grape et Crepan) dénoncent le gaspillage de terres agricoles à Ifs, dans l’agglomération caennaise, où serait implantée la future prison.

         « Un crime contre les générations futures. » Patrice Lepainteur, l'ancien président de la FDSEA du Calvados, est vent debout contre le projet d’implantation de la future maison d’arrêt à Ifs, dans l’agglomération de Caen. Et il n’est pas le seul. Les trois principaux syndicats agricoles du département (FDSEA, Coordination rurale-Urdac, Confédération paysanne), la Chambre d’agriculture et deux associations environnementales (Crepan et Grape) sont unanimes dans la protestation.

         « Environ 18 ha de bonnes terres, des limons profonds, sont promis au béton », s’insurge Henri Le Maître, élu de la Chambre d’agriculture du Calvados. « Ça correspond à 1 030 baguettes de pain en moins tous les jours », avance Nicolas Declomesnil, président des Jeunes agriculteurs (JA) du Calvados. « Une véritable catastrophe », résume Emmanuel Marie, de la Conf’, dans un « unanimisme » syndical peu fréquent…

         « On perd l’équivalent d’un département tous les sept ans à cause du bétonnage des terres agricoles. Il en va de notre autonomie alimentaire », selon Claudine Joly (Crepan).

         Au milieu de cette plaine caennaise si productive en blé, betterave ou lin, chaque hectare vaut de l’or. « Pour chaque hectare à céder, on reçoit vingt candidats », confie Alain Lebaudy de la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer). « Pourquoi ces projets d’utilité publique consomment plutôt les terres agricoles que les terres déjà à urbaniser ? », s’interroge Guillaume Patey, céréalier à Ifs, qui perdrait près de deux hectares dans l’opération. « Les agriculteurs sont lésés d’autant que les indemnités ne sont pas à la hauteur. »

    Quid des friches industrielles ?

         « On nous exproprie de nos bonnes terres agricoles, pour trois francs et six sous, alors qu’il existe des friches industrielles dans l’agglomération de Caen qui pourrait accueillir la prison », rappelle Henri Le Maître, citant « les 80 ha laissés vacant par le 18e régiment de transmission à Bretteville-sur-Odon ou bien le plateau de l’ex-SMN à Colombelles. » Proches d’une gare, du palais de justice, d’une desserte routière, ces friches répondraient aux critères d’implantation.

         La décision devrait intervenir avant la fin de l’année. Le préfet dispose d’un pouvoir discrétionnaire même si la Commission départementale de consommation de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) doit rendre un avis. Une réunion est prévue ce mardi 5 décembre à la préfecture à Caen, avec les membres de la commission.

         « Jusqu’à présent, on nous a mis devant le fait accompli », explique Claudine Joly, membre de la CDPENAF du Calvados, tout comme les représentants des syndicats agricoles, de la Chambre d’agriculture (mais aussi les notaires, les collectivités locales, l’administration, la propriété foncière etc.). « Faute d’arguments convaincants, prévient Patrice Lepainteur, nous chercherons une majorité pour prononcer un avis défavorable. » O-F - Guillaume Le Du

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    Prison d'IFS : des terres condamnées à perpétuitéUn article extrait du site Ouest France du 21 décembre 2017 : https://www.ouest-france.fr/normandie/pres-de-caen-future-prison-avis-favorable-des-elus-mais-5463091

    Près de Caen. Future prison : avis favorable des élus mais…

    Prison d'IFS : des terres condamnées à perpétuitéPrison d'IFS : des terres condamnées à perpétuité

    La commune d’Ifs, près de Caen, a été choisie pour accueillir la future prison. | Archives Ouest-France

         « Réunis en séance de conseil municipal, lundi 18 décembre 2017, les élus d’Ifs (Calvados) ont eu à donner leur avis sur la construction d’un établissement pénitentiaire puisqu’Ifs est commune d’implantation de la future prison.

         Entre suppression de 19 ha de terre agricoles riches « qui pourraient avoir de l’importance dans un projet alimentaire futur », selon Alain Gruenais, de la Gauche citoyenne, lors du conseil municipal d’Ifs, lundi 18 décembre 2017, et « le besoin de retrouver de l’emploi, qui a été perdu après les fermetures de la SMN (Société métallurgique de Normandie qui a fermé en 1993) ou de Moulinex (qui a été liquidé en septembre 2001) » pour le maire, Michel Patard-Legendre, le débat sur le projet d’implantation de la future prison a été riche lors du conseil municipal.

         Avec 20 voix contre et 12 voix contre, le conseil municipal émet un avis favorable, tout en émettant des réserves. » OF

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    Prison d'IFS : des terres condamnées à perpétuité  Un article extrait du site actu.fr du 29 décembre 2017 sur https://actu.fr/normandie/ifs_14341/projet-future-prison-pres-caen-avis-favorable-elus-mais-reserves_14699159.html

    Projet de future prison près de Caen : un avis favorable des élus… mais des réserves

    Le conseil municipal d'Ifs devait émettre un avis sur l'évaluation environnementale du projet d'implantation de la prison. Il a été favorable, mais teinté de réserves.

    Prison d'IFS : des terres condamnées à perpétuitéPrison d'IFS : des terres condamnées à perpétuité

    Le projet de la future prison a alimenté le débat lors du conseil municipal d’Ifs près de Caen. (©Archives / Liberté Le Bonhomme libre)

         « On souhaitait mettre ce dossier en débat, car c’est un sujet d’importance, même si la Préfecture avait quelques réticences à ce que ce soit évoqué en conseil municipal », glisse le maire Michel Patard-Legendre. 

    C’est le seul moment où on a la main sur le sujet.

    « Des terres agricoles d’une grande fertilité »

         Le conseil municipal a évoqué le projet d’implantation de la prison à Ifs sur le plan de l’évaluation environnementale. Construit en 1904 pour accueillir 269 détenus, le vétuste centre pénitentiaire de Caen va être transféré à Ifs, dans la zone Object’ifs sud, où son ouverture est prévue pour 2022-2023. C’est le Premier ministre Manuel Valls qui avait acté sa reconstruction en juin 2016.

         La future prison ifoise, d’une capacité d’accueil de 550-600 détenus, doit s’installer sur un terrain de 18 hectares, près du périphérique sud, derrière l’usine de logistique Système U. « La prison sera un carré de 300 mètres sur 300 m. Les murs d’enceinte feront 6m de hauteur et l’hébergement sera de 4 étages maximum », détaille le maire Michel Patard-Legendre.

         C’est l’aspect environnemental du projet qui devait être débattu en conseil municipal. L’utilisation de 17,3 hectares de terres agricoles, soit 5 % du territoire ifois, a notamment intéressé les élus. « Cette suppression de 18 hectares aura un impact sur le projet alimentaire global », explique Alain Gruesnais de la Gauche citoyenne. 

         Lors de notre PADD (Projet d’aménagement et de développement durable), pour améliorer la qualité environnementale de la ville, il avait été décidé de réduire de 40 hectares l’urbanisme possible à Ifs. Là, on réduit de moitié cet élan avec ce projet de prison sur des terres agricoles d’une très grande fertilité. C’est une régression.

    Gaz, vestiges, remontée de nappe phréatique…

         L’élu d’opposition de la Gauche unie Jean-Louis Henriot va dans le même sens. « Il faut élargir le débat et penser à l’avenir de nos petits-enfants en ayant une réflexion globale sur l’alimentation. A un moment donné, il va falloir reprendre la main sur l’urbanisation et s’intéresser à l’aspect alimentaire et non pécuniaire ». Pour son acolyte Arnaud Fontaine, « ce projet n’est pas satisfaisant sur un aspect environnemental ».

         Parmi les contraintes du site figurent une canalisation de transport de gaz, des risques de remontée de nappe phréatique, la présence de zone de vestiges archéologiques ou le passage d’une ligne à haute tension. « Même si le bâtiment sera techniquement suffisamment éloigné des lignes à haute tension, il faut espérer qu’il n’y aura pas de personnes électrosensibles… », juge Alain Gruesnais.

         « Je ne suis pas pour une extension à tout va sur le rural », lance le maire Michel Patard-Legendre. 

         Nous devrons définir un nombre d’hectares à urbaniser sur Caen la mer pour que les agriculteurs sachent s’ils ont intérêt ou non sur telle ou telle zone à continuer de travailler et enrichir leurs terres. Il faut un débat avec le monde agricole.

    Ifs est « opposée à l’édification de miradors »

         Douze élus ifois ont voté contre, seize pour. Le conseil municipal d’Ifs a donc émis un avis favorable mais a émis plusieurs réserves. Les élus ifois souhaitent « réglementer la hauteur des constructions, l’aspect extérieur des constructions et aménagement de leurs abords, ainsi que les espaces extérieurs afin de garantir une meilleure insertion du projet ». La Ville d’Ifs rappelle d’ailleurs qu’elle est opposée à l’édification de miradors qui pourraient être intégrés au projet.

         Regrettant le manque d’éléments et d’esquisses du futur projet, la municipalité prescrit également « l’amélioration de la qualité de l’insertion paysagère », ainsi qu’une extension. Les élus préconisent également « une réflexion sur le devenir des exploitations agricoles, sur les compensations et sur les reliquats de terres agricoles acquises ». actu.fr Grégory Maucorps Liberté Caen

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    Prison d'IFS : des terres condamnées à perpétuité     Un article extrait du site Ouest-France du 12 janvier 2018 sur https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/pres-de-caen-la-future-prison-d-ifs-sur-orbite-pour-2022-5483051

     

    « Près de Caen. La future prison d’Ifs sur orbite pour 2022

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    La future prison occupera 19 ha, à 800 m des premières habitations. | archives

     

     

    Accueillir une maison d’arrêt dans sa commune n’est pas chose aisée. Michel Patard-Legendre, le maire d’Ifs, assume son choix. 2018 lui donnera l’occasion d’enfoncer le clou.

     

          L’arrivée des premiers détenus à Ifs n’est pas pour tout de suite. La construction d’une prison est un long processus, entamé début 2016, bien avant l’officialisation par le Premier ministre de l’époque, Manuel Valls, du choix d’Ifs pour remplacer la vétuste maison d’arrêt caennaise. L’hostilité de certains de ses administrés, Michel Patard-Legendre a déjà dû y faire face.   « C’est moins glorieux, pour un élu, d’accueillir une prison plutôt qu’un centre des congrès ou une base nautique, reconnaît le maire d’Ifs.   Mais, à un moment donné, il faut arrêter de botter en touche et prendre ses responsabilités. »

     

         Les élus de l’agglomération avaient tous conscience de l’urgence : la maison d’arrêt de Caen est une centenaire surpeuplée, inadaptée, notamment en matière de sécurité et de gestion de l’insertion.   « Le ministère de la Justice a proposé le site d’Ifs. Les services de l’État auraient pu passer en force. Ils travaillent, au contraire, en bonne intelligence avec nous. » Le terrain retenu fait 19 ha. Il est situé le long du périphérique. Mais, pourquoi- comme l’ont déjà dénoncé des agriculteurs- avoir sélectionné des terres riches plutôt qu’une zone de friches ?  « Des tas de paramètres entrent en ligne de compte, explique Michel Patard-Legendre.   L’accès aux tribunaux, à l’hôpital, à la police, à la gendarmerie doit être facilité. Une prison en contrebas d’une route est à proscrire, afin d’éviter toute vue plongeante. Le site doit respecter un certain éloignement des habitations… Je comprends les agriculteurs. Même si, un jour ou l’autre, ce terrain, proche de l’agglomération, aurait été urbanisé.»

     

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    Michel Patard-Legendre assume, sans état d’âme, la responsabilité d’accueillir une maison d’arrêt.  | archives

     

     

     

    Enquête publique, permis de construire

     

         La pose de la première pierre interviendra dans le courant du deuxième semestre 2019. La nouvelle prison devrait être terminée en 2022. Rien de spectaculaire n’est attendu en 2018. Si ce n’est que les habitants, opposants compris, seront invités à s’exprimer. En ce début d’année, un cahier va être ouvert, en mairie d’Ifs, dans le cadre de l’enquête publique qui doit se prolonger jusqu’au printemps. Viendra, ensuite, l’étape de l’achat du terrain aux trois agriculteurs propriétaires, puis le dépôt du permis de construire, début 2019.   « C’est le préfet qui le signera, pas le maire », précise Michel Patard-Legendre qui a obtenu des assurances quant à la tranquillité des riverains les plus proches, ceux du hameau de Bras, situé à 800 m.   « La circulation des personnels, des familles, des convois de détenus ne passera pas par chez eux, mais par une zone d’activité économique. La plantation d’arbres, de bosquets assurera une protection visuelle. La nuisance sonore, liée aux parloirs sauvages, sera limitée par la configuration même de l’établissement : les cellules seront suffisamment éloignées du mur d’enceinte. »

     

         À l’intérieur, 550 à 600 détenus, purgeant une peine de deux ans maximum ou en attente de jugement, sont annoncés. Au-delà du geste civique, que peut espérer Ifs d’une telle implantation ?  « Le chantier va durer deux ou trois ans, constate le maire.   250 ouvriers y travailleront dont certains locaux, par le biais de la sous-traitance. » Ifs, troisième ville de l’agglo avec 11 800 âmes, comptera, à terme, 600 « habitants » supplémentaires. Les détenus seront compris dans le calcul de la dotation globale de fonctionnement que verse l’État à la commune.   « Une activité naturelle naîtra autour de la prison. Même si ce n’est pas le but de l’opération : un tel équipement ne crée pas de richesse économique. » OF Benoît LE BRETON

     

    « Défens'IFS-Offens'IFS : les policiers municipaux armésTramway 2018-2019 : chantier près d'Ifs... »

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