• Conte de mamm'IFS'ères

    La toponymie est la science qui étudie les noms de lieux ou toponymes. Elle se propose de rechercher leur signification, leur étymologie, leur évolution et leur impact sur les sociétés. Les toponymes de Ifs attendent leur étude. A défaut, l’imagination est au pouvoir et je ne résiste pas à l’envie de vous raconter cette petite histoire :

    Conte de mamm'IFS'ères« Les loups et les renards ont toujours été des espèces rivales ; à la force brutale des premiers, les seconds opposaient leur ruse subtile. Dans la campagne d’Ifs cohabitaient deux familles issues de chacune des deux espèces. Les renards avaient établi leurs terriers au sud de la paroisse, vers Bras et les loups avaient installé leurs tanières au nord du côté du Clos Chaumont.

    Les habitants d’Ifs tentaient de se débarrasser de ces « bêtes rousses », renards comme loups, car ils leur causaient trop souvent des ravages dans leurs poulaillers. Aussi avaient-ils établi de nombreux pièges près des lieux où vivaient les animaux.

    Un soir, un jeune renard s’aventura trop près de l’endroit où vivaient les loups et tomba dans un piège creusé par l’homme. Au fond de son trou, il se morfondait dans la crainte du moment où les chasseurs le découvriraient. Un loup finit cependant par s’avancer près de la fosse dont il connaissait bien l’existence puisqu’il l’avait vue creusée par son ennemi à deux pattes et il se gardait bien généralement de s’en approcher, mais il était trop heureux de pouvoir se moquer de son éternel rival :

    « Holà compère, lui cria-t-il, te voilà dans une position dont je connais bien l’issue… Ta fourrure servira de gants ou de bottes au chasseur trop heureux de l’aubaine !

    Le renard piteux réfléchit rapidement et déclara :

    - Par la « Grâce de Dieu » (1), mon ami, ma mort ne vous servira en rien, alors que mon conseil pourrait vous rapporter beaucoup. Aidez-moi à sortir de cette ornière et je vous servirai fidèlement. Vous n’aurez pas à le regretter, foi de goupil ! »

     Conte de mamm'IFS'ères

         Le loup qui se savait le plus fort se dit qu’il n’avait rien à craindre de ce chétif animal et qu’il pourrait tirer parti de lui. Se plaçant au bord du trou, il laissa pendre sa queue et le renard la saisit entre ses dents. Alors, le loup en s’avançant, libéra le rouquin de sa prison puis se tournant vers lui il le menaça :

    « Eh bien, à présent pour mon salaire, tu dois me trouver bonne pitance !

    - Aucun problème, sire Loup, je connais un garde-manger dont vous me direz des nouvelles. Votre générosité sera récompensée, suivez-moi !

    Alors les deux carnassiers se dirigèrent vers Bras, repère du renard. Par les chemins Vert et du Val puis par la Dronnière, en évitant soigneusement le village d’Ifs, ils parvinrent enfin près d’un manoir-ferme gardé par des chiens féroces.

    - Alors où est le festin que tu m’as promis ? demanda le loup.

    - N’ayez crainte, je connais un trou qui permet de se glisser dans le poulailler du sieur de Bras qui vit là.

    Le loup, examinant son nouvel esclave, lui lâcha :

    - Je ne suis pas si naïf, tu espères sans doute que les molosses qui gardent les lieux viendront me mettre en morceaux sitôt que je me serai introduit dans le poulailler ?

    - Quelle défiance, Messire ! Je vais entrer le premier et vous ouvrir le chemin. Restez céans et je vous ramène derechef une poule dodue à souhait. Et Renard se glissa dans l’ouverture.

    Parvenu dans le poulailler, il se précipita sans bruit sur des poules endormies et en saigna six en peu de temps. Puis se saisissant de l’une d’entre elles, il la ramena au loup qui l’attendait impatient au dehors. Celui-ci l’avala d’un coup de dents. Le renard lui déclara alors :

    - C’est sans danger, votre Seigneurie, j’en ai tué cinq autres aussi grasses que celle-ci : elles n’attendent que vous pour vous servir de dîner ! Allez sans crainte et bon appétit, Monseigneur !

    Alors le loup qui n’avait jamais été convié à pareille ripaille se précipita dans le poulailler. Il engloutit goulûment les cinq victimes du renard puis, affolé par la présence des autres volailles qui sommeillaient là, il se jeta sur elles. Ce fut bientôt un grand tumulte et le coq réveillé se mit à crier à l’assassin. Entendant cela, les chiens accoururent et le loup paniqué voulut s’enfuir par le chemin emprunté à l’aller mais son ventre arrondi par son repas ne voulut pas passer par le tunnel et il dut sortir par la porte du poulailler et affronter les chiens.

    La lutte fut sévère mais le loup ensanglanté réussit cependant à s’enfuir de la ferme. Par malchance, il ne connaissait guère les parages et il tomba la tête la première dans un piège destiné à capturer les renards.

    Un peu plus tard, une ombre s’approcha de la fosse et s’adressa au captif :

    - Que vois-je ici dans ce bas-fond indigne ? N’est-ce pas mon cher cousin Loup ?

    C’était Renard qui venait se moquer de son ancien maître réduit à l’impuissance.

    Le loup gémit, pleura et implora le goupil qui lui répondit :

    - Sache que je n’ai guère aimé ma servitude passée et qu’il te faudra payer pour ta sottise ! Nous nous reverrons de loin sans doute un jour, moi libre comme le vent et toi sous la forme d’une vile pelisse servant de manteau à l’homme ! Adieu. Et il regagna son terrier…

    En souvenir de cette histoire, deux voies d’Ifs portent depuis les noms d'allée de la « Fosse aux Renards » dans le quartier de la Plaine et d'impasse de la « Fosse aux Loups » dans le quartier de Bras. »                                                                         Giloudifs GP

    (1) Ce nom a été donné depuis à un quartier au sud de Caen, en limite d’Ifs

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