•  AccueilDans un rapport au Parlement du mois d’avril 2006,on trouve les informations suivantes :

     « L’architecture funéraire a aussi été appréhendée par la découverte de cinq cairns en pierre sèche du Néolithique moyen sur la commune d’Ifs (Calvados), inscrits depuis lors dans une réserve archéologique. Toujours sur la commune d’Ifs, au Clos Chaumont (Calvados), où prospections aériennes et archéologie préventive ont identifié une vaste aire funéraire préhistorique et protohistorique de plusieurs dizaines d’hectares, une importante fouille a concerné trois monuments non mégalithiques du Néolithique ancien. Il s’agit de longs couloirs bordés de fossés parallèles, probablement pourvus originellement d’un talus central et ne recevant qu’une seule tombe, bien qu’édifiés parfois sur plus de 300 m de longueur. Ils se rattachent au courant monumental du Ve millénaire et plus particulièrement aux sépultures dites « de Passy-sur-Yonne » et constituent les plus anciens monuments funéraires en Basse-Normandie. » (…)

    A Ifs, La Dronnière, à l’entrée de l’A 88, l’occupation antique est matérialisée par des parcelles accolées, délimitées par des fossés, l’ensemble étant compris entre deux voiries parallèles. Chaque espace était occupé par des bâtiments sur poteaux associés à des fosses, des silos, des fours domestiques, des puits mais aussi à des carrières. L’ensemble évoque un « village-rue » ou plutôt un lotissement, créé non loin d’une villa (Ier-IIe siècles) qui est peut-être à l’origine de cette forme d’habitat paysan. »

    François Fichet de Clairefontaine, Direction régionale des affaires culturelles Service régional de l’archéologie de Basse-Normandie

    Extrait de http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/rapports/archeo-preventive2006/rapport-archeo.htm

    -----------------------------------------

    Sur le site de l’AdFI Archéologie de la France : 

    http://www.adlfi.fr/SiteAdfi/document?base=base_notices&id=N2007-NB-0021&q=sdx_q0&req=%2Bfregion%3A|Basse-Normandie|+%2Bfcommune%3A|Ifs|&b=notices&recherche=resultat

     Object’Ifs Sud – Parcelle AR 67 (2007)

     Identifiant de la notice : N2007-NB-0021

    Responsable : Besnard-Vauterin Chris-Cécile (INRAP).
    Auteur : Besnard-Vauterin Chris-Cécile (INRAP).
    Inventeur : Besnard-Vauterin Chris-Cécile (INRAP).
    Opération : fouille programmée (FP) ; 2007.
    Périodes : Age du fer ; La Tène I ; La Tène II ; La Tène III.
    Sujets : atelier ; bracelet ; édifice ; enclos ; fossé ; habitat ; inhumation ; nef ; occupation du sol ; ossements humains ; palissade ; sépulture ; terroir ; torque ; trou de poteau.
    Lieu : Ifs.
    Couverture géographique : Basse-Normandie > Calvados (14) > Ifs
    Coordonnées spatiales : X=404,751 ; Y=2463,278

    Âges "primit'IFS" 3 : les fouilles à Ifs 2006-2008Âges "primit'IFS" 3 : les fouilles à Ifs 2006-2008

     





     Images 1-2

         « Dans le cadre de l’extension de la ZAC « Object’Ifs Sud » sur la parcelle AR 67, une fouille préventive a été réalisée à l’emplacement d’un petit habitat clos du second âge du Fer, localisé juste au nord des vastes investigations archéologiques effectuées en 2000-2002. Ce site complète ainsi l’image de la densité de l’occupation et l’intensité de l’exploitation du terroir à l’époque gauloise dans ce secteur de la plaine de Caen.

    L’habitat est cerné par une clôture fossoyée, sans doute doublée d’un talus, qui a connu, d’après les premières données de fouille, au moins deux phases de réaménagements. L’ensemble présente un plan trapézoïdal, orienté nord-est – sud-ouest, d’une superficie estimée à 1 400 m2, dont environ 1 000 m2 accessibles à la fouille. Les vestiges à l’intérieur de cet espace, en grand nombre, concernent en premier lieu des trous de poteau, permettant de localiser au moins deux bâtiments, dont un long édifice rectangulaire à deux nefs de 20 m de long par 5 m de large, situé le long du côté nord-ouest de la dernière phase d’aménagement de clôture. Le plan de l’autre bâtiment paraît plus confus au vu du grand nombre de trous de poteau, témoignant de plusieurs reprises. À cet endroit est apparu un souterrain (fig. n°2 : Souterrain) constitué d’une chambre rectangulaire de 3,6 m de long par 1,8 m de large et de deux escaliers dans les angles opposés. Une autre particularité du site est apportée par une fosse, de plan rectangulaire de 3 m de long par 1,5 m de large, montrant au fond un faible surcreusement, de 1,9 m de long sur 0,50 m de large, et dans chaque angle une excavation pour caler une poutre. Une première hypothèse que l’on pourrait avancer pour cette fosse, dans l’attente de l’étude du site, est celle d’un fond d’atelier, peut-être d’un métier à tisser. Le centre de l’habitat est occupé par une vastedépression oblongue, de 16 m de long par 7,5 m de large et 1,8 m de profondeur, autrement dit d’une envergure très importante par rapport à la surface de l’enclos. L’interprétation de cette structure au colmatage limoneux organique, dépendra des résultats d’analyses micromorphologiques actuellement en cours.

    Un rapide survol du mobilier céramique permet de caler cet habitat dans un large horizon chronologique de La Tène moyenne et finale. Des traces d’occupation plus anciennes sont toutefois attestées à travers la découverte, au fond d’une petite fosse, de restes osseux humains accompagnés d’un bracelet en fer et d’un torque à tampons en bronze (fig. n°1 : Torque à tampons en bronze avec bracelet en fer, en cours de fouille), daté de la fin de La Tène ancienne. La présence de ces restes de sépulture est peu surprenante ici au vu de la proximité d’autres inhumations datées de la fin de La Tène ancienne ou du début de La Tène moyenne (ensemble 28 de la ZAC Object’Ifs Sud), mais elle est singulière par la nature du mobilier, les torques à tampons étant en effet caractéristiques dans l’Est de la France. »

    BESNARD-VAUTERIN Chris-Cécile

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    AccueilLa dernière tranche de la ZAC Object’Ifs Sud à Ifs

    La dernière phase d’aménagement de la plateforme
    économique ZAC Object’Ifs Sud, menée par la société
    Normandie Aménagement depuis 1999 sur la commune
    de Ifs, a conduit à la prescription d’une fouille préventive
    sur une surface de 5 ha, réalisée par l’INRA P en 2008.
    Bien que l’étude soit encore en cours, les résultats sont à
    la hauteur de ceux obtenus lors des vastes investigations
    menées par E. Le Goff en 2000-2002 et complètent ainsi
    l’image de l’occupation particulièrement dense du secteur
    sud-est de Caen et de la mise en valeur de ce territoire
    depuis la Protohistoire.
    Le gisement fait ressortir une occupation qui s’échelonne
    entre l’âge du Bronze et le début du second âge du Fer,
    suivie d’un réinvestissement partiel lors de la période galloromaine.
    Les vestiges mis en évidence, tous excavés, sont
    les témoins, d’une part, des diverses formes d’habitat qui
    s’y sont développées et, d’autre part, du monde funéraire
    qui les accompagnait.
    La période de l’âge du Bronze est représentée par trois
    monuments funéraires circulaires, qui s’ajoutent alors à
    ceux détectés lors des premières tranches d’aménagement
    de la ZAC. Sur ces trois cercles, un seul a conservé des
    sépultures, quatre au sein du fossé et deux autres en
    satellite à l’extérieur du monument. La plate-forme est
    dépourvue de vestige funéraire, disparu probablement
    lors de l’arasement de la levée de terre centrale. Si la
    datation de ces monuments reste incertaine à défaut de
    mobilier, il semblerait que les comparaisons régionales
    ayant fait l’objet de datation par radiocarbone démontrent
    une coutume particulièrement répandue au Bronze moyen
    et final. Vers la fin de l’âge du Bronze et au cours du premier
    âge du Fer (Hallstatt C/D1) s’installe toute une série de
    vestiges domestiques ou péri-domestiques, témoignant
    d’un habitat ou de plusieurs entités d’habitat en aire
    ouverte. Cet ensemble constitue la suite d’une vaste
    occupation déjà observée lors des premières opérations
    archéologiques sur la ZAC. Il est difficile de dresser une
    image complète de cette première étape d’investissement
    domestique, puisqu’elle se développe sur une durée
    assez longue et de façon éclatée dans l’espace. De
    nombreuses installations peuvent d’ailleurs se rattacher
    aussi bien à cette phase qu’à la suivante, par manque de
    mobilier permettant une attribution chronologique. Cela
    concerne en premier lieu l’occupation qui se développe
    dans la moitié sud-est de la zone d’étude, comprenant
    des trous de poteau et une série de fosses que l’on peut
    identifier à partir de leur forme et leur comblement soit
    comme des silos, soit comme des fosses d’extraction. Le
    secteur nord-ouest accueille en revanche un ensemble
    de petits vestiges composés essentiellement de trous de
    poteau. Cette unité est interprétée comme une zone de
    greniers et de petites constructions sur poteaux, dont les
    rapports chronologiques et fonctionnels avec les autres
    installations restent encore difficiles à établir.

     

    Accueil

    IFS, ZAC Objectifs sud. Monument quadrangulaire funéraire vu du sud (cliché C.C. Besnard-Vauterin, INRAP)

    À la fin du premier âge du Fer (Hallstatt D2/D3), l’occupation
    se structure autour d’un axe de circulation dont le tracé
    a été identifié grâce aux fossés qui bordent la voie de
    chaque côté. Il s’agit de l’un des grands axes viaires
    mis en évidence lors des précédentes investigations
    archéologiques sur une longueur de plus de 800 m. Orienté
    nord-ouest / sud-est, ce chemin aboutit au nord-ouest sur
    un axe de circulation orthogonal. Cette deuxième étape d’occupation apparaît sous forme d’un habitat groupé cloisonné, dont l’occupation perdure jusqu’au début du second âge du Fer. Dans un premier temps, l’espace est structuré par des tronçons de fossés de dimensions
    plutôt importantes sans pour autant ceinturer l’habitat,
    ce qui rend son interprétation peu aisée faute de traces
    d’éventuels aménagements en élévation. Ensuite, l’espace
    est subdivisé en plusieurs parcelles par des fossés de
    taille modeste. Situées de part et d’autre du chemin,
    ces parcelles abritent une ou plusieurs habitations, des
    greniers et quelques silos, mais là se pose le problème de
    l’attribution chronologique avec l’étape précédente, celle
    de l’habitat ouvert. L’une des parcelles la mieux identifiée
    regroupe au sein d’un espace de 1750 m² au moins un
    silo, trois ou quatre greniers et une habitation rectangulaire
    sur tranchées de fondation de 6 m de large par 7,5 m de
    long. À une cinquantaine de mètres au sud se situe une
    autre parcelle, délimitée en partie par un fossé modeste
    et probablement par une clôture en élévation. Hormis
    plusieurs greniers, la construction principale est ici un
    grand bâtiment de plan circulaire pourvu d’un porche. À
    partir de la tranchée de fondation destinée à l’implantation
    de la paroi à poteaux jointifs, les dimensions de l’édifice
    sont estimées à 13 m de diamètre, tandis que le quadruple
    rang de trous de poteau du porche indique une longueur de
    6 m. Avec ces dimensions importantes, cette construction
    se démarque nettement des maisons circulaires connues
    régionalement pour la fin de l’âge du Bronze et le début de
    l’âge du Fer, comme celles du village de Cahagnes, ou de
    la résidence de Courseulles-sur-Mer du début du second
    âge du Fer. Monument, lieu public, demeure du maître…,
    ce ne sont là que les toutes premières hypothèses pour
    cet édifice à l’aspect monumental situé à l’écart des autres
    lopins bâtis.

     

    Accueil

    IFS, ZAC Objectifs sud. Le bâtiment circulaire vu de l'ouest (cliché C.C. Besnard-Vauterin, INRAP)

    À cet habitat s’associent cinq groupes funéraires
    rassemblant en tout au moins 130 inhumations et
    quelques incinérations. Les deux ensembles les plus
    importants s’organisent chacun autour d’un monument
    fossoyé quadrangulaire, bâti l’un au nord et l’autre au sud
    du chemin et orienté vers celui-ci. La particularité du plus
    grand ensemble, impliquant pas moins de 70 individus,
    est son installation au sein de carrières de loess. Les
    corps y sont enterrés, souvent dotés de parure, selon
    une orientation dominante nord-sud tout en manifestant
    de nombreux recoupements. À une soixantaine de
    mètres de cet ensemble, un groupe d’une dizaine de
    défunts trouve également place dans une série de fosses
    d’extraction, en réemployant ici les cavités existantes de
    façon opportuniste. Deux autres unités s’organisent en
    aire ouverte, l’une respectant une orientation nord-sud et
    l’autre est-ouest. Si la chronologie de ce dernier ensemble
    reste encore incertaine, faute de mobilier, la datation pour
    les autres tourne autour de la fin du premier âge du Fer et
    le début du second.
    Tout au long du second âge du Fer, le secteur se trouve mis
    à l’écart de tout nouvel investissement domestique, mais
    l’axe de circulation est resté en usage. Si l’occupation se
    développe dans le secteur environnant par la création de
    plusieurs fermes encloses, il est probable que cet espace
    ait pris un usage agraire. Ce n’est qu’à partir de l’Antiquité,
    et plus particulièrement durant les deux premiers siècles
    après J.-C., que le lieu se voit réinvesti par des installations
    domestiques, dont un four en maçonnerie, un puits et des
    fosses, l’ensemble étant dispersé sur une distance de près
    de 150 m. Certaines des anciennes limites parcellaires
    sont reprises, d’autres sont créées. En l’absence de toute
    trace de bâtiment et devant la faible quantité de mobilier
    domestique, on ne peut qu’associer ces installations à
    une activité saisonnière liée au travail des champs.
    Cette dernière partie de la fouille de la ZAC Object’Ifs Sud a
    donc permis d’étudier sur une surface jusqu’alors inégalée
    une vaste occupation centrée sur le premier âge du Fer
    et cumulant habitat, structures funéraires, parcellaires
    et réseau viaire. Avec la fouille de Cagny, conduite par
    Pierre Giraud, elle renouvelle complètement les données
    disponibles sur cette période."
    Chris-Cécile BESNARD-VAUTERIN

    Extrait de : http://www.basse-normandie.pref.gouv.fr/sections/basse-normandie/la_drac/les_services/service_regional_d_a/downloadFile/attachedFile_6/Calvados4.pdf?nocache=1285765908.02

    http://www.adlfi.fr/SiteAdfi/document?base=base_notices&id=N2009-NB-0028&q=sdx_q0&recherche=listDoc&req=Ifs&typ=notices

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    Âges "primit'IFS" 3 : les fouilles à Ifs 2006-2008

    Vue aérienne de la ferme n° 6 d’Ifs « Object’Ifs Sud » en cours de fouille. Trois des enclos domestiques présentent en leur centre des anomalies correspondant à de larges creusements dont la fonction initiale est mal connue ; il peut s’agir de fosses d’extraction, de mares ou de fosses à fumier (cliché J. Desloges, DRAC/SRA Basse-Normandie ; d’après Carpentier et al., 2007b). http://rao.revues.org/813

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    « Le monde des morts côtoie celui des vivants à la fin du premier âge du Fer et le début du second

    La fouille menée en 2008 sur la dernière phase d’aménagement de la "ZAC Object’Ifs Sud" à Ifs, au sud-est de la périphérie caennaise, permet de restituer l'image d'un vaste ensemble d'habitats, auquel s'associent cinq groupes funéraires, rassemblant en tout au moins 130 inhumations. Deux de ces groupes s'organisent autour d'un monument quadrangulaire. La particularité du plus grand ensemble, impliquant pas moins de 70 individus, est son installation au sein de carrières de sable calcaire. Bon nombre des individus y sont enterrés avec leur parure - des torques, bracelets, anneaux de chevilles et fibules - en bronze, en fer ou, plus rarement, en lignite. Mais la découverte la plus surprenante est celle d'un poignard à antennes dans l'une des sépultures, sinon dépourvue de mobilier et perturbée par une autre inhumation. Après celui mis au jour à Soumont-Saint-Quentin (14) près du Mont Joly, il s'agit de la deuxième découverte de ce type en contexte bas-normand. »

    Extrait de l’exposition « Les Gaulois et la mort en Normandie, Les pratiques funéraires à l'âge du Fer (VIIe – Ie siècle avant J.-C.) du 22 mai – 20 septembre 2009 au Musée de Normandie à Caen. http://www.ville-caen.fr/mdn/presse/2009gaulois/DPgaulois.pdf


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  •  

    Accueil"Depuis le mois de Janvier 2000, quatorze archéologues de l’Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales mandatés par le Service Régional de I’Archéologie, travaillent sur le projet de la zone d'activité districale localisée au sud du périphérique de l’agglomération caennaise et en bordure de la route de Falaise. Le projet concerne un ensemble complexe de vestiges archéologiques, organisés sur environ 50 hectares et révélés, pour la plupart, lors de survols aériens de la zone depuis le milieu des années 1980. Les résultats obtenus à ce jour viennent confirmer la complexité du gisement archéologique et témoignent de la densité des occupations humaines qui se sont succédées a travers les âges dans ce secteur de la plaine de Caen.

    Les vestiges apparaissent immédiatement sous le niveau de labour actuel. Il s'agit exclusivement d'excavations (trous de poteau, fossés, fosses de stockage, carrières d’extraction...), qui ont été suffisam­ment profondes pour avoir entamé les niveaux géologiques calcaires et dont le remplissage terreux mis en place anciennement les distingue du sol naturel, par simple contraste de couleurs. Détruits par l'action de près de 2000 ans d'activité agricole intensive. les niveaux des sols et de circulation des périodes anciennes n'existent plus aujourd'hui. Ainsi les excavations ne correspondent plus, en réalité, qu'aux fondations des bâtiments de terre et bois sur poteaux plantés, et aux limites spatiales autrefois visibles dans le paysage et qui participaient à sa structuration (enclos d'exploitations agricoles, enclos funéraires, parcellaire agraire).

    Le travail archéologique s'organise en plusieurs phases. Les différents secteurs d’étude sont préalablement décapés à l’aide de pelles mécaniques, ou font I’objet de sondages en tranchées. Les vestiges repérés sont ensuite relevés pour établir des plans. La réalisation de coupes dans les diverses excavations intervient comme une troisième étape. Les sections effectuées permettent d'étudier le mode de remplis­sage (naturel ou volontaire) des fosses ou encore des fosses et nous renseignent sur leur fonction. Il est ensuite parfois possible de pouvoir restituer les éléments de surface auxquels ils s'apparentaient (fossé associe à un ancien talus par exemple). L'objectif de la fouille est ainsi de comprendre les différents aménagements qui se sont succédés sur l'em­prise du projet de la ZAC et de les situer chronologiquement les uns par rapport aux autres. Car en effet.. l'image qui nous est donnée par le plan général des vestiges archéologiques ne correspond pas à un seul site ou tous les vestiges seraient contemporains, mais résulte du cumul des multiples impacts au sol des diverses occupations humaines qui se sont ici succédées depuis environ 3000 ans. Ainsi, I’ensemble des données et indices archéologiques est archivé (dessins, photographies) pour être analysé par la suite. Le mobilier archéologique découvert dans les excava­tions est prélevé. Il s'agit pour l'essentiel d'éléments détritiques (poteries brisées, déchets de boucherie, outillage cassé ...) rejetés dans les dépres­sions encore visibles à I époque de leur enfouissement. Nettoyés, recollés et parfois dessinés, ils constituent de précieux témoins de la vie quoti­dienne des populations anciennes.

    Les premières traces d'une occupation humaine sur le secteur de la ZAC Object’Ifs Sud remontent à la fin de la période habituellement nommée âge du Bronze (vers 800 avant J.-C.). D'autres fouilles archéolo­giques menées sur la plaine de Caen ont toutefois révélé que le secteur était déjà fréquenté plusieurs milliers d'années avant l'époque qui corres­pond aux premiers indices ici découverts.

    Relativement dispersés, ces premiers vestiges semblent carac­tériser une occupation spatiale plutôt lâche de l'habitat, sans limite bien définie. Il est probablement matérialise par un certain nombre de bâtiments isolés où pouvaient vivre de petits groupes humains. Ce type d'habitat va perdurer sur plusieurs siècles sans réelle discontinuité. durant toute la période suivante que l'on nomme le premier âge du Fer (-800 à -500 avant J.-C.). Les populations de I’époque semblent s'apparenter à des agricul­teurs et artisans métallurgistes (bronziers). De cette période ne subsistent presque plus que des fosses de stockage de denrées alimentaires profondément creusées dans le sol et que l'on nomme « silos ».

    Il semble que c'est a la fin de cette époque qu'apparaissent dans le paysage les premiers enclos quadrangulaires délimités par des fossés, tel celui repéré dans la partie nord de la zone d'étude. Il pourrait être ainsi un des premiers jalons de la structuration du paysage d'un petit terroir qui se développera et s affirmera les siècles suivants, au cours de la période gauloise (Vème-Ier siècle avant J.-C.).

    C'est probablement au cours de cette dernière période, que I on appelle également époque celtique, que se développe sur plusieurs hec­tares un paysage agraire constitué de parcelles liées à l'élevage ou aux cultures. II s’organise autour d’un réseau de chemins orthogonal qui relie plusieurs exploitations agricoles. Les deux fermes gauloises semblent être encore fréquentées après I’époque de la Conquête Romaine (vers 52 avant J-C). Les vestiges mobilier découverts  dans le comblement des diverses excavations (fragments de poteries ou de meules à grain, déchets culinaires) nous indiquent que les gaulois d’Ifs consommaient des animaux d’élevage (bœuf, porc) Ils produisaient eux-même leur farine et profitaient de la proximité du littoral pour compléter leur alimentation par des coquillages (moules, couteaux, coquilles St-Jacques, coques). Les denrées alimentaires ne semblent plus être stockées dans des silos comme pour les périodes précédentes On remarque en effet I’apparition de nouvelles structures de stockage. Il s’agit entre autres de caves profondes et de salles souterraines auxquelles on peut accéder par des escaliers taillés dans le sol naturel. Les fermes semblent péricliter au cours de la seconde moitié du Ier siècle avant J.-C., alors que I’on note bientôt I’apparition d’une nouvelle exploitation agricole gallo-romaine (Ier et IIème siècle après J.-C.) qui s’implante au nord de la ZAC. Tout en utilisant vraisemblablement le réseau agraire ancien, celle-ci va développer un nouvel ensemble de parcelles au nord de I’actuel périphérique, dans un secteur ou I’on peut supposer qu'il n était peut-être auparavant pas organisé. Cette dernière ferme semble être abandonnée a son tour a la fin du IIème siècle après J.-C. Aucun indice d'occupation ultérieur à cette époque semblerait indi­quer une migration des populations habitant le secteur étudié vers un autre, endroit, en dehors des limites de l'actuel projet de la ZAC. On peut supposer que le secteur ainsi déserté a pu être mis progressivement en culture et être ainsi utilisé jusqu à nos jours, entraînant des restructurations et la disparition des anciennes limites spatiales.

    Les fouilles archéologiques vont s’achever a la fin de I’année. Une intervention complémentaire est prévue sur des parcelles voisines vers la fin de I’année 2001. En attendant celles-ci, les archéologues vont poursuivre dans les bureaux leur travail d analyse et d archivage des fructueuses informations qu'ils ont jusqu'ici rassemblées."

    Elven LE GOFF, responsable de l’opération archéologique (A.F.A.N.)

    Article paru en 2000 dans un bulletin local d’Ifs réalisé par M. R. Dion.

     Accueil

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    Âges "primit'IFS" 2 : la ZAC d'Ifs fouilles 2000

    Vue aérienne de la ferme n° 6 d’Ifs « Object’Ifs Sud » en cours de fouille. Trois des enclos domestiques présentent en leur centre des anomalies correspondant à de larges creusements dont la fonction initiale est mal connue ; il peut s’agir de fosses d’extraction, de mares ou de fosses à fumier (cliché J. Desloges, DRAC/SRA Basse-Normandie ; d’après Carpentier et al., 2007b).                                 http://rao.revues.org/813


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  •  Accueil« En 1918, la commune d'Ifs, située au sud de Caen, n'a pas le visage qu'on lui connaît aujourd'hui. C'est une petite bourgade rurale. La guerre qui vient de s'achever, a donné comme dans toutes les communes, l'occasion d'une véritable saignée puisque vingt-huit Ifois sont morts au champ d'honneur, sur un total d'environ trois cent hommes. La population est majoritairement agricole, Quelques rares ouvriers sont recensés, employés des chemins de fer ou ouvriers de la toute jeune Société Métallurgique de Normandie implantée à Mondeville. » Extrait de la « Biscuiterie Jeannette depuis 1850 » par Annie Fettu, Editions OREP 2010 

    Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, la commune d’Ifs n'est encore qu'un village rural de près de 800 habitants, situé dans la plaine de Caen et vivant essentiellement de l'activité agricole. En 1944, la commune d'Ifs compte 28 exploitations agricoles (pour une population de 805 habitants). Au cours des "Trente Glorieuses" (1945-1973), le dynamisme économique de l'agglomération caennaise influe non seulement sur le développement urbain de la capitale bas-normande mais aussi sur les localités immédiatement périphériques.

    A Ifs, le quartier de la Plaine, situé au nord de la commune dans la continuité des quartiers Sud de Caen et le long de la route de Falaise, ainsi que le quartier du Bourg, au centre du territoire communal, connaissent alors une étape d'urbanisation conséquente. Quant au quartier de Bras, à l'Est de la commune, il demeure un hameau rural, regroupant quelques centaines d'habitants.

    A la fin des années 1980, un important projet de développement maîtrisé à l'échelle de l'ensemble du territoire communal est décidé :
    - en favorisant la continuité et l'unité entre les différents quartiers d'Ifs : Plaine, Bourg et Bras,
    - en développant des fonctions diversifiées et en recherchant la mixité dans les programmes à réaliser : activité économique, habitat, équipements publics… et
    - en positionnant la ville d'Ifs comme un véritable centre secondaire de l'agglomération.

    Au cours des années 90, la ville d’Ifs va se développer de manière significative, ce qui se traduit par une croissance démographique continue et exponentielle. Le nombre d'habitants passe ainsi de 4 571 habitants en 1975 à 9208 habitants en 1999. En 2005, cette population atteint 10 919 habitants. De 1990 à 1999, le nombre d'habitants aura progressé de 32% ! Voir l’article « Essor progress'IFS : les chiffres »

     

    Accueil

        Ce développement est passé par la création de trois nouveaux quartiers caractérisés par une recherche de mixité des types de logements :

    - Le quartier de l'Europe réalisé à partir de la fin des années 1980 jusqu'en 1992 et situé au Nord-Est du bourg. Il regroupe environ 220 logements.
    - Le
    quartier du Canada réalisé de 1996 à 1999 et situé au Sud-Est du bourg. Il regroupe environ 550 logements.
    - Le
    quartier du Hoguet dont la réalisation a débuté au milieu des années 1990. Il se situe au centre du territoire communal, sorte de nouveau "cœur de ville" de la commune d'Ifs. Les années 2000-2010 voient s’achever la construction des derniers logements dans sa partie occidentale. Cela portera à environ 900 le nombre total de logements réalisés dans ce quartier.

    inspiré de l'article du site de la ville d'Ifs "Ifs, une ville dynamique" : http://www.ville-ifs.fr/


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  • Accueil Mars 2001 : le périphérique sud de Caen, construit en tranchée dans le calcaire bathonien de Caen au niveau d'Ifs, est inondé et fermé à la circulation pendant plusieurs jours à la suite d’une montée brusque du niveau de la nappe phréatique, après un hiver très pluvieux.

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         Le Boulevard périphérique de Caen permet de contourner Caen par le Nord et par le Sud. Elle s'appelle route nationale 814 et mesure 26 km. Il a été ouvert par étapes :

    16 décembre 1975 : ouverture du périphérique Est, y compris le viaduc de Calix, entre l'autoroute A13 et le CHU.

    Juin 1976 : ouverture du périphérique nord (prolongement jusqu'à la Vallée verte)

    13 septembre 1978 : déclaration d'utilité publique de la section entre les routes de Cherbourg (RN 13) et de Bretagne (RN 175.

    Le 30 octobre 1991, un arrêté préfectoral donne la prise de compétence au district du Grand Caen de la maîtrise d’ouvrage de l’achèvement du boulevard périphérique caennais et des échangeurs.

    1994-1997 : Fin des travaux du périphérique avec le dernier tronçon du périphérique Sud entre Bretteville sur Odon et Fleury sur Orne. Celui-ci est ouvert au public fin 1997.
    En 1999 apparaît le logo du périphérique avec un double anneau blanc sur fond bleu pour l’identifier.

    Sur le territoire de la commune d'Ifs, on trouve deux échangeurs :

         - Echangeur 12 d'Ifs desservant Ifs et Caen (campus 3)

         - Echangeur 13 de la Porte d'Espagne échangeur entre RN158 et RN814 (future A88) desservant Ifs, Falaise et Caen (Guérinière).

                                                   (informations Wikipédia)

         On ne connait pas de légende associée à la ville d'Ifs. L'inondation du périphérique en mars 2001 a été pour moi l'occasion d'en créer une à l'exemple de celles récoltées au 19ème siècle dont la morale se voulait toujours édifiante...  :              

    "Les pêcheurs du Hoguet d'Ifs"

         "L'église d'Ifs, telle qu'on la voit aujourd'hui, n'a pas toujours pointé sa flèche de pierre vers le ciel. On raconte que le territoire de cette commune était autrefois traversé par l'Orne ; le fleuve arrosait le village de Cormelles au niveau de l'actuelle vallée vert puis rejoignait son cours actuel au niveau de Mondeville. Un jour, un pieux ermite nommé Iccius vint s'établir sur l'emplacement de la future église où il construisit une modeste chapelle.

    Un hameau de pêcheurs, le Hoguet, était établi sur l'autre rive du fleuve. Pêcheurs, ils l'étaient doublement car ils ajoutaient à cette activité la pratique de rites païens et de moeurs déplorables... Cette situation désespérait le saint ermite qui ne pouvait convertir ces mécréants car aucun pêcheur ne voulait transporter le pasteur sur l'autre rive. Désespéré, il marchait le long du fleuve proclamant qu'il donnerait son âme pour sauver celles de ces mauvais croyants.

    Satan, toujours à l'affut, l'entendit et se dit que l'âme d'un saint homme lui apporterait plus de gloire que celles de pêcheurs en général peu fidèles à leur parole. Il vint à la rencontre de notre ermite lui proposant de lui construire un pont avant le chant du coq pour qu'il puisse rejoindre ses ouailles. En échange, il prendrait l'âme du premier être vivant qui passerait le pont escomptant que ce soit celle du prêtre qui ne résisterait pas à ce qu'il aspirait le plus : gagner des âmes à la religion chrétienne.

    Le marché fut conclu et le pont fut construit en une nuit.

    Au petit matin, le saint homme s'approcha du nouveau pont puis soulevant sa bure, il libéra un chat qu'il y avait dissimulé. Alors, poussant de grands cris, il le chassa devant lui et le craintif animal franchit le pont juste avant que ne retentisse le chant du coq !

    Le Diable devint fou de colère et dut s'avouer vaincu par plus rusé que lui. Mais, avant de regagner l'Enfer, il provoqua un terrible tremblement de terre qui dévasta toute la contrée. 

    Avec l'arrivée du jour, les habitants du Hoguet découvrirent avec stupeur que l'Orne qui longeait leurs maisons avait changé de cours et s'écoulait à présent sur le territoire du village voisin d'Allemagne !

    Iccius qui n'avait plus besoin du pont maudit qui s'était écroulé, se précipita alors pour montrer aux pêcheurs l'erreur dans laquelle ils étaient et, par de douces paroles, les amena bientôt à se convertir sauvant ainsi leurs âmes de la damnation éternelle !

    Une belle église fut construite à l'emplacement du modeste ermitage devenant bientôt le centre d'un bourg qui prendra le nom de son pasteur et pour commémorer l'évènement, on planta un coq au sommet de la flèche de l'église.

    Parfois, quand les pluies sont abondantes, l'espace compris entre le bourg d'« Iccius », devenu au fil des siècles « Ifs » et son quartier du Hoguet s'engorge d'eau et le périphérique routier qui passe dans la dépression se trouve inondé. Pour un peu, les ponts qui enjambent le boulevard rappelleraient la conversion miraculeuse des pêcheurs du Hoguet !" GP

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    Détail du portail sud de l'église d'Ifs (Giloudifs)


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